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Le journal d'un prisonnier (partie 4)

| 1 commentaires. Réagissez ! | dimanche 14 décembre 2025
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CHAPITRE 4 - LIBERTÉ J’ÉCRIS TON NOM 


Je ressens les premiers frimas de l'hiver dans ce placard de la République, l'habitude aidant, je sais que l'hiver sera rigoureux lorsque le fond de l'air devient plus froid que mon café. Une seule chose parvient à me réchauffer un temps soit peu, les yaourts que me donne mon voisin de cellule, l'abbé Balkany. Bien sûr, ces yaourts sont aussi périmés que Brigitte Macron, mais que ne ferait-on pas pour manger quelque chose de chaud. En contrepartie, je donne ma ration de Flamby à l'abbé, j'y suis devenu intolérant depuis mon débat face à François Hollande en 2012. L'abbé Balkany est enfermé depuis plus longtemps que moi, je ne savais pas que la chose était possible. 

Nous avons pu faire un trou dans les murs épais pour pouvoir s'échanger le peu de nourriture que l'on nous donne et parler, je suis dans une crise mystique depuis mon internement à la Santé, je prie continuellement, je parle à Dieu 6 à 7 heures par jour. Les murs sont tellement humides que nous avons assez d'eau pour nous laver quotidiennement même si le savon a disparu depuis longtemps, nous mangeons la nourriture des rats, ceux-ci doivent bien se rabattre sur autre chose.

Au fil du temps, j'ai sympathisé avec l'abbé Balkany, lui aussi a été jeté au cachot alors qu'il clamait son innocence mais la justice n'en a eu que faire. Cet homme âgé, à la voix grave, rauque, éraillée et aussi profonde que le déficit de l'Etat depuis la fin de mon mandat m'a avoué avoir été dans son ancienne vie, celle d'un homme libre (qu'il dur pour moi d'écrire ces cinq lettres: L.I.B.R.E, j'en ai presque oublié la signification!), avoir été maire d'une petite commune rurale: Levallois-Perret.

 Levallois était un petit village peuplé de pauvres paysans qui travaillaient toute leur vie pour une misère, leurs seules richesses étaient leurs mains calleuses de travailleurs de force, leur bétail et leur cœur, pur et simple comme mon fils Louis. Et pourtant, l'abbé me confia un secret qui m'aurait fait tomber du haut de ma chaise si j'en avais une: il connaît l'emplacement d'un trésor à Levallois; des valises de billets qu'il a accumulées tout le long de son mandat, des prélèvements négociés sur la construction immobilière, le tout dans un but de redistribuer un jour tout ce butin aux nécessiteux. Je me rends compte que nous avons été jetés en pâture à la justice pour la même raison: prendre un peu aux riches pour en redonner un peu à ceux qui en ont besoin.

L'abbé est trop vieux pour tenter une évasion, il m'a indiqué précisément l'endroit où était caché le trésor. Une fois évadé, je lui fis le serment de me venger de ceux qui nous fait du mal; juges, magistrats, avocats, gauchistes, je reviendrais à Paris et je les anéantirais tous. A nous deux, Paris!!! A nous deux, la France!!!

 J'écrirais un livre sur mon histoire, qu'elle serve de leçon aux générations futures. J'en ferais même un film, je verrais bien Pierre Niney dans mon rôle, ça aurait de la gueule, vous ne trouvez pas?

 En attendant, je tente de construire un igloo avec de vieux pots de yaourts pour passer l'hiver.

 

Quelle indignité!!! 


Le journal d'un prisonnier (partie 3)

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CHAPITRE 3 - LE STATUT DE LA LIBERTÉ
 
 
Je tente par tous les moyens d'observer un temps soit peu la lumière du jour, les barreaux de cette cellule, plus qu'une cellule c'est un espace gros comme une chambre de bonne sous un toit à Paris qu'on louerait 950€ par mois. A 1m80 de hauteur, je ne peux rien voir, rien sentir ou observer. Je dois monter sur une pile de pots de yaourts pour pouvoir m'élever jusqu'au ras de la fenêtre. Comment aurais-je fait si je n'avais pas eu le bifidus actif? L'odeur de la Liberté à l'odeur de Paris, urine froide, weed, pot d'échappement, j'aime cette ville.
Un surveillant cogne contre la porte en acier de ma cellule. On m'annonce un parloir, Carlita est là!  A quoi ressemble-t-elle maintenant?
J'ai perdu la notion du temps, m'a-t-elle oublié, a-t-elle refait sa vie? Et ma petite Giulia que j'ai quittée jeune adolescente, comment est sa vie désormais? Suis-je à nouveau grand-père?
La porte du parloir s'ouvre, j'ai peur de la réaction de Carlita, de me découvrir vieilli, usé, hirsute, bon elle est sortie avec Mick Jagger jadis, il me reste de l'espoir.
Elle est devant moi, elle n'a pas pris une ride, là je me rends compte de l'efficacité du Botox! J'apprends que je suis prisonnier des geôles de l’État depuis 3 heures, une éternité lorsque l'on est captif. Ma fille Giulia est toujours dans le circuit scolaire, elle a pris deux heures en colle pour avoir posté une story Instagram durant son cours de maths, quand le harcèlement judiciaire rejaillit sur la famille, c'est la fin de l’État de droit!
Mon foyer arrive pour le moment à subsister financièrement grâce à mon fils Louis. Moi qui craignais que ma femme vende son corps, c'est mon fils, le sang de mon sang, qui se prostitue devant les caméras qui de BFM TV, qui de CNEWS, pour faire que mon combat continue d'être médiatisé, ne pas finir aux oubliettes, Louis qui m'éblouit chaque seconde par la finesse de ses raisonnements intellectuels, lui qui veut supprimer les ronds-points et les feux rouges, symboles de l'assistanat du conducteur de base.
Qu'il est loin le temps où il suffisait d'une carte RPR pour voir s'agglutiner une armée de larves journalistiques ramper jusqu'à nos pompes en croco. Mon fils se voit contraint de porter notre parole sur des chaînes obscures de la TNT...
 
Quelle indignité! 
 
 


 

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